Panneaux de soie, installation Caen, Eglise du vieux Saint sauveur, Olympe Ramakrishna,
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Eglise du vieux Saint Sauveur, Caen, Olympe Ramakrishna, Artiste franco-indienne
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autoportrait, Mona Lisa, art indien contemporain, artiste francaise, couleur jaune
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Installation art contemporain indien, portrait de femmes, soie
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Installation, art contemporain, France, Inde, panneaux de soie, sari, portraits de femmes
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Art, Caen, portrait de femmes indiennes
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Portrait de femme indienne, rouge et vert, Eglise du vieux Saint Sauveur, Caen, Inde
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portrait de femme indienne, rouge, grenade, Caen, Inde
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FEMMES DE BANGALORE

Avec son style propre, coloré et saisissant, l’artiste nous présente des figures de femmes de l’Inde. L’Inde est à la fois superpuissance émergée, miracle économique, mais également une société attachée à ses traditions et ancrée dans son histoire. De forts contrastes la constituent et elle interpelle par ses ambiguïtés. Une ambivalence et complexité aux couleurs vives et tranchées qui nous rappellent les 5000 nuances de couleurs des saris indiens. C’est cet esprit qui a captivé l’artiste, s’attachant particulièrement au sujet des femmes.

Dans cette série de 12 portraits, Olympe a voulu mettre en lumière 11 femmes de son entourage proche et a travaillé sur un autoportrait. Ces femmes sont actives. Elles ont bénéficié d’une éducation et elles appartiennent à la classe moyenne des mégalopoles indiennes. Toutes vivent à Bangalore. L’artiste les a choisies car elle était fascinée par leur capacité à s’intégrer dans le monde moderne tout en gardant leurs valeurs traditionnelles et en continuant de les faire vivre.

Olympe prend comme fil conducteur le portrait, reprenant les codes classiques de l’art du portrait des maîtres européens. Tels les modèles d’Ingres ou de Goya, elles posent avec des accessoires signifiants, se construisant un personnage, presque une mise en scène. Allant des riches parures, aux simples puces d’oreilles, de l’oiseau chanteur sur sa branche au plus simple dénuement, ne portant comme atour que son bindi, la femme donne une lecture d’elle-même.

Nous y découvrons comme un livre imagé de leur âme. Elles sont conscientes du décalage qu’elles peuvent illustrer, mais leur regard direct, remet les choses à leurs places, apportant assurance et autorité.

La couleur y est audacieuse, forte de sa plénitude en à plat, franche. La couleur est actrice elle-même dans l’œuvre, lui donnant de la profondeur grâce aux forts contrastes accentués par les noirs et les ombres. Et le noir, le plus captivant et enveloppant est celui du regard. Les femmes posent, allant jusqu’à fixer ou défier le spectateur.

Ces femmes sont Charisma, Roopashree, Lux, Shuchika, Deepti, Sneha, Hitha, Chandu, Arpitha, Romicon et Kavitha. Elles transcendent la réalité grâce aux traits que leur donne Olympe Ramakrishna, qui révèle un jeu entre l’Indianité et l’Universalité. Nous avons une femme partagée entre la conscience de soi et ses sentiments, entre son histoire et sa réalité actuelle. L’absence de fond réaliste intensifie le caractère presque irréel de la femme. Elle quitte leur cadre spatio-temporel pour devenir symbolique et entrer dans l’universalité. Toutes en fierté et en franchise, elles ne peuvent que saisir et captiver le visiteur. Nous sommes touchés par la force féminine et déterminée que l’artiste souligne par ses traits. En résulte alors une certaine douceur.

Pour accentuer cette force, les toiles sont photographiées puis imprimées digitalement à grande échelle sur des panneaux de soie dont le format nous rappelle celui des saris. L’artiste est donc partie d’un médium traditionnel, la peinture à l’huile sur toile puis transforme l’œuvre grâce à ce nouveau support.Olympe Ramakrishna continue ainsi son analogie. Elle passe par les techniques de création traditionnelles puis utilise la technologie de pointe des imprimantes industrielles textiles pour s’ancrer dans son époque. Ainsi, ces femmes, ces forces, deviennent flottantes, légères, et fluides. Elles sont suspendues, pliées sur des fils, et nous sommes imprégnés d’une atmosphère chaleureuse.

Marqueur d’une sensualité et d’une tradition, le visiteur est propulsé dans les rues indiennes où les saris colorés des femmes sont suspendus sur les fils métalliques des toits-terrasses en attendant d’être reportés. Ainsi, les toiles deviennent vivantes, ondulantes, dans une disposition intercalée. Elles ne se font pas directement face. La scénographie renvoyant une image plus féminine. Il n’y pas d’angles. Les linéarités sont rompues pour apporter de la souplesse. Parfaite analogie de ces femmes, sachant être présentes, être tout simplement elles, sans se conformer à ce que l’on attend d’elles. Elles sont mouvantes, courbes, s’appropriant et remplissant à leur manière l’espace. Ces femmes y appliquent leurs propres lignes, leurs propres règles. Elles comblent la salle lisse de vie et de couleurs.

Ainsi, la série est une métaphore, proposant plusieurs échelles de lecture. Métaphore des femmes indiennes, métaphore de l’artiste elle-même et de son amour pour l’Inde, mais également métaphore de la modernité. C’est avec délicatesse et poésie qu’Olympe Ramakrishna souhaite proposer sa vision onirique aux visiteurs.